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Inconscience artificielle, un nouveau projet à l'ENS-PSL

Par
Zoé Brioude (Étudiante/ ENS-PSL)
Victor Blanchi (Étudiant/ ENS-PSL)
, modifié le
25 novembre 2021
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inconscience artificielle
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Entre arts, informatique, études théâtrales et intelligence artificielle, un nouveau projet innovant conçu par deux étudiants normaliens, Zoé Brioude et Victor Blanchi

Le projet Inconscience artificielle est de récolter des visions d'environnement apparues dans les rêves de nos contemporains : paysages, villes, bâtiments, intérieurs, extérieurs... Et de les livrer à un algorithme qui les transforme en images grâce au savoir humain qu'il a emmagasiné sur internet.

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inconscience artificielle

Apparaît alors une image de synthèse qui est la rencontre entre une vision individuelle, le rêve, et un ensemble collectif d'associations d'idées. Il y a alors au moins deux éléments qui influencent la production et entrent parfois en conflit : le thème, ou sens global (un marécage de liquide visqueux comme du miel par exemple sera traité comme un seul objet) et les mots utilisés individuellement ("marécage" => grenouille, vert, etc ; "liquide" => mer, sueur etc).

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Nous avons le désir, une fois les données récoltées, de passer à une forme scénique, et ce pour plusieurs raisons : la première est le caractère pluriel, collectif d'une telle démarche. Quelle autre structure qu'une troupe de théâtre serait plus à même de refléter la diversité extrême de ces fragments d'imaginaire reliés pourtant par un thème commun? La seconde raison reflète la volonté de produire une forme concrète qui sorte radicalement de l'écran numérique. La dernière est la diversité des médias que nous manipulons : texte, images, vidéos... Le théâtre, comme le dit Michael Fried est bien "ce qu'il y a entre les arts".

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Les fondateurs du projet Inconscience artificielle : 

Zoé Brioude : 

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zoé brioude

Entrée à l’École normale supérieure en études théâtrales en 2019, j’y ai écrit deux mémoires sur l’écologie dans le théâtre contemporain. En parallèle, je monte des pièces depuis 2017 : Et dans le trou de mon cœur, le monde entier de Stanislas Cotton, jouée au festival amateur de Piano di Sorrento et au théâtre de la cité universitaire, Matières à penser, une pièce sur notre rapport à la matière du monde impliquant la construction en temps réel d’une chambre à brouillard, jouée en mars 2020 au département de chimie de l’École, et Je n’ai pas dit non, une pièce de témoignages sur le consentement écrite par Margaux Loireleux et jouée notamment au théâtre Nicole Loraux. L’année dernière, j’ai fondé et présidé l’association APARTÉ, association de théâtre de l’ENS. Cette année, je fais un stage en tant qu’assistante à la direction artistique et à la mise en scène au théâtre Dunois sous la direction de Christophe Laluque et travaille sur le projet Inconscience Artificielle avec Victor Blanchi, un camarade et ami informaticien. Ce qui m’intéresse artistiquement depuis mon projet Matières à penser et qui se déploie dans Inconscience Artificielle est ce qui vient troubler l’humain, physiquement et psychiquement, dans un monde scruté et modifié par la science et la technique. Dans le dialogue entre les rêves de monde et les algorithmes se déclinent les thèmes de l’écologie et de la déconnexion à notre environnement proche, déréalisation exacerbée par le caractère désincarné, numérique, des formes qui constitueront la matière du spectacle.

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Victor Blanchi : 

Etudiant à l’ENS, je suis entré au département d’informatique il y a trois ans de cela. En complément de mon M1 d’informatique théorique, je m’intéresse aux arts et participe à de nombreux projets de théâtre. J’essaye par mes compétences d’apporter mon expertise à des projets d’humanités numériques. J’ai découvert que cette facette de l’informatique était largement représentée à l’ENS et j’en remercie vivement Léa Saint Raymond, sans qui je n’aurais pas pu faire m’engager dans cette voie. Je travaille cette année en collaboration avec Gregory Chatonsky, un artiste plasticien qui s’intéresse de près aux méthodes de création numériques. Je mène aussi avec Zoé Brioude un projet artistique portant sur les rêves de monde de nos contemporains traités par des algorithmes entraînés sur internet, le grand inconscient collectif.

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